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Finance

A l’origine des scandales financiers : l’appât du rendement ?

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Qu’il s’agisse de faillites inattendues, de fraude patentée ou encore d’arnaque pure et simple, quelques affaires montrent le visage d’une partie peu reluisante du monde financier, dans laquelle l’appât du rendement semble faire oublier toute notion de maîtrise des risques. Archegos, Greensill, arnaque à Hollywood…un passage en revue de quelques scandales parait indispensable.

Toutefois, les affaires sont de nature très différente. Elles se déroulent dans des sphères éloignées, financement des entreprises pour Greensill, système de paiement pour Wirecard, produits dérivés pour Archegos Capital, spéculation sur des matières premières agricoles fantômes pour Cody Easterday… Mais elles présentent néanmoins des points communs. La complexité des montages utilisés d’une part, mais aussi les risques immodérés pris pour maximiser les rendements qui, en pleine crise sanitaire et économique, ne tiennent plus. La fraude, l’arnaque sont également de la partie. Leur quasi-concomitance, surtout, est particulièrement inquiétante.

Schéma de Ponzi à Hollywood

L’expérience Bernard Maddoff n’aura-t-elle servi à rien ? L’acteur Zach Avery, Zach Horwitz de son vrai nom, a importé l’idée du schéma de Ponzi à Hollywood. Ce comédien à la carrière peu brillante proposait d’investir dans les droits de films qu’il était censé revendre avec un bénéfice à Netflix et HBO. À la clé, la promesse alléchante d’un rendement de 35 % pour un investissement « sûr ». Il n’a en fait jamais acheté aucun droit, et se contentait de cumuler les investissements de ses clients (près de 690 millions de dollars en cinq ans), en remboursant les premiers arrivés avec l’argent des derniers. Il a été arrêté par le FBI début avril après n’avoir pas pu honorer plusieurs remboursements.

Archegos, le fonds qui fait perdre des milliards aux banques

C’est un pari très risqué auquel s’est livré Bill Hwang. Le fondateur d’Archegos Capital Management s’était fait une spécialité des produits dérivés qui lui permettaient d’emprunter des sommes colossales aux banques pour parier sur la hausse des actions d’entreprises technologiques. Tant que l’action montait, ça tenait. Le jour où les valeurs technologiques ont dégringolé, les banques ont tout vendu pour récupérer leur mise et Archegos s’est écroulé. Le fonds, dont les positions ont atteint jusqu’à 50 milliards de dollars, a entraîné avec lui les banques qui n’ont pas été assez rapide pour céder leurs positions, comme Crédit Suisse ou la japonaise Nomura. Ce montage financier risqué, qui rappelle les folies de l’avant crise de 2008, est passé totalement entre les gouttes de la réglementation bancaire actuelle… Et les banques alléchées par les rendements juteux n’ont pas hésité à faire confiance à Bill Hwang, pourtant condamné par le passé pour délit d’initié.

Cody Easterday, le trader aux faux bovins

Tyson Foods, un industriel américain de la viande, payait Easterday Ranches pour acheter, élever et revendre avec un profit des bœufs. Mais Cody Easterday, le dirigeant du ranch, avait un autre plan. Il utilisait l’argent de Tyson pour boursicoter sur le marché des matières premières et, souvent, pour couvrir ses paris malheureux. Jusqu’au jour où Tyson s’est rendu compte que Easterday Ranches lui envoyait des fausses factures. Et que les 200 000 têtes de bétail que l’industriel croyait posséder n’existaient pas.

Greensill, l’affacturage inversé dans la tourmente

Le britannique Greensill s’est construit autour d’une technique financière peu connue, l’affacturage inversé. L’établissement financier joue les intermédiaires entre une société et ses fournisseurs : il paye directement les fournisseurs dans des délais réduits en prélevant une commission et se fait ensuite rembourser par la société. Mais Greensill a trop misé sur un gros client, le sidérurgiste GFG Alliance. Des difficultés de paiement sont apparues et l’entreprise n’a plus pu payer. Quand les assureurs-crédit se sont désengagés, le montage de Greensill s’est effondré. Entraînant avec lui des banques, dont le Crédit Suisse, qui assuraient le financement des opérations, et des épargnants, auprès desquels Greensill commercialisait des solutions d’épargne.

Wirecard, le scandale comptable

Le pot-aux-roses a été découvert en 2019. Wirecard, la fintech membre du Dax 30 (le CAC 40 allemand), véritable pépite de la tech allemande, n’était pas toute blanche. Plusieurs enquêtes du Financial Times avaient pourtant alerté sur les pratiques comptables de la société spécialiste des systèmes de paiement. Mais il a fallu le refus de certification des comptes par EY en 2019 pour que le château de cartes s’effondre. Il manquait 1,9 milliard d’euros dans les comptes officiels et certifiés. Le scandale Wirecard a obligé la BaFin, le gendarme financier allemand, à revoir ses procédures de contrôle.

Avec Novethic

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Entreprises

Africa50 dope Poa Internet avec une injection de 28 millions de dollars

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En 2020, Africa50: un financier d’infrastructures soutenu par le groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et un bon nombre de gouvernements africains, a organisé une compétition d’innovation, qui recherchait des solutions abordables et fiables pour la connectivité Internet à travers le continent.

Ainsi, une proposition de Poa Internet, une startup kényane, a battu 673 autres du monde entier. Ce qui lui a permis d’être ajoutée au pipeline d’investissement d’Africa50 en plus de remporter un prix en espèces.

Un peu plus d’un an après la victoire, le fournisseur de services Internet (FAI) a reçu 28 millions de dollars dans le cadre d’un cycle de financement de série C dirigé par Africa50, portant le montant total qu’il a levé à ce jour à 36 millions de dollars.

Novastar Ventures, l’un des premiers bailleurs de fonds de la société, a également participé à la dernière ronde.

Poa prévoit d’utiliser ce nouveau financement pour étendre sa portée, d’abord à travers le Kenya, puis progressivement vers d’autres pays du continent.

« Nous nous concentrons sur le Kenya pour le moment, mais le problème que nous résolvons est à l’échelle du continent. Et pour nous, il ne s’agit pas seulement d’offrir aux gens une certaine connectivité. Notre objectif est d’amener un grand nombre de personnes en ligne et de leur offrir une expérience Internet significative, comme la possibilité de diffuser des vidéos, sans se soucier de la quantité de données qu’elles consomment », a déclaré Andy Halsall, co-fondateur et PDG de Poa Internet, à TechCrunch.

Poa
Team

Poa Internet dessert actuellement plus de 12 000 clients (foyers et petites entreprises) dans les quartiers à revenu faible et intermédiaire de Nairobi, et des dizaines de milliers d’autres grâce à ses connexions Wi-Fi de rue.

La startup a déployé son réseau de fibre dans des quartiers qui ne sont généralement pas les premiers marchés cibles pour ses concurrents comme Safaricom Home du plus grand opérateur de télécommunications d’Afrique de l’Est Safaricom, Faiba de Jamii Telecommunication Limited et Zuku.

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Entreprises

Programme national de création de PME : NSIA Banque CI apporte son soutien

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NSIA Banque Cote d’Ivoire, a participé le Jeudi 13 janvier 2022,   à la cérémonie de lancement du programme « Amorçage PME »,  à l’auditorium de la Primature, en présence de Mr KOBENAN Kouassi ADJOUMANI, Ministre d’Etat, Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural, représentant le Premier Ministre, Chef du gouvernement, Mr Patrick ACHI.

Initié par l’Institut Ivoirien de l’Entreprise (INIE), le programme « Amorçage PME », issu du projet CLONIX, vise à doter chaque région du pays d’un vivier de PME opérant dans les filières de premières nécessités telles que l’agriculture et l’élevage, afin réduire la dépendance de la Côte d’Ivoire à l’importation de denrées concernées et favoriser la création d’emplois locaux.

NSIA Banque CI, qui est résolument engagée dans le développement de l’économie locale, notamment par le financement des PME, s’engage à soutenir le programme avec une ligne de crédit de 4,5 milliards FCFA, a indiqué Mr Alexandre NDRI, Directeur Central de l’Exploitation, représentant Monsieur Léonce YACE, Directeur Général de NSIA Banque CI.

Source: abidjan.net

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Finance

Investissement : arnaque dans une pyramide de Ponzi de 11,6 millions de dollars sur cinq ans

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Tara M. Brunst, une conseillère américaine de 47 ans, sera jugée le 5 mai prochain par un tribunal fédéral du district Nord de l’Ohio pour son rôle dans une pyramide de Ponzi de 11,6 millions de dollars (M$) sur cinq ans qui a fait une cinquantaine de victimes aux États-Unis.

Selon Financial Planning, l’accusée a plaidé coupable la semaine dernière pour des accusations de conspiration en vue de commettre une fraude postale et de trois chefs d’accusation de fraude électronique.

L’arnaque s’est déroulée de janvier 2013 à janvier 2018, alors que la conseillère travaillait avec les deux autres coaccusés chez Sageguard Wealth Management, à Westlake.

Selon les enquêteurs de la Securities and Exchange Commission (SEC), Tara M. Brunst attirait les victimes en leur promettant des investissements qu’elle présentait faussement comme sans risque et avec un taux de rendement garanti.

En réalité, les fonds des investisseurs étaient détournés vers des comptes bancaires et des entreprises contrôlées par les accusés. Selon le principe de la chaîne de Ponzi, les fonds déposés par les nouveaux clients servaient à verser les rendements promis aux précédents investisseurs.

Les complices avaient ouvert des bureaux dans les états du Delaware et du Nevada pour développer leur activité frauduleuse. Ils avaient également embauché des centres d’appels pour répondre aux clients, et avaient créé de faux sites Web ainsi que de faux relevés de compte pour tromper les investisseurs.

L’enquête a démontré qu’avant de rejoindre Sageguard en 2015, Tara Brunst avait été licenciée d’une autre firme d’investissement pour avoir falsifié une lettre à la demande d’un client, et avoir menti aux enquêteurs.

Les deux autres co accusés, Raymond A. Erker and Kevin Krantz, ont plaidé non coupables aux accusations portées contre eux et devraient être jugés début mars.

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