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Afrique du Sud : élection de la première femme noire à la tête de la capitale économique du pays

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Le contrôle de la mairie de Johannesburg, a de tout temps, été source de fierté pour l’ANC. En effet, à la tête de cette municipalité depuis l’aube des élections démocratiques de la nation arc-en-ciel en 1994, il vient de la perdre au profit de Mpho Phalatse ; une maire issue de l’Alliance démocratique (DA), fusion de trois partis représentatifs des communautés blanches du pays.

En Afrique du Sud, le président Cyril Ramaphosa fait grise mine. Son parti a reçu « une grande leçon », comme il l’a déclaré au terme des élections municipales. « C’est un gros revers pour nous. C’est décevant pour le Congrès national africain (ANC), mais nous devons accepter le message clair envoyé par notre peuple », a déclaré le chef de l’État. L’historique parti de Nelson Mandela a subi une débandade lors du scrutin, une défaite dont le symbole est la perte de la mairie de Johannesburg. Elle sera désormais dirigée par Mpho Phalatse, qui devient la première femme noire à la tête de la capitale économique du pays.

Vote-sanction : le désaveu de l’ANC

« Nous savons ce qui s’est passé lors du dernier mandat. Des années très tumultueuses, un effondrement du gouvernement de coalition initial, au terme de trois ans, et au cours des deux dernières années, nous avons eu trois maires exécutifs. Nous ne voulons pas de cela. […] Ce n’était pas un vote pour l’Alliance démocratique mais un vote contre l’ANC », a déclaré Mpho Phalatse, dans un talkshow de la télévision locale eNCA. La nouvelle élue semble bien plus consciente de la situation que le parti adverse, complètement désabusé.

Mpho Phalatse est la quatrième maire de Johannesburg en un an. L’un est mort de la Covid-19, un autre a été tué dans un accident de voiture. Le maire qu’elle remplace, Mpho Moerane, a perdu contre elle à 121 voix contre 144. Pourtant, le fait que Mpho Phalatse soit, à 44 ans, la première femme noire à diriger la mairie de Johannesburg et la première femme depuis 1946, n’a pas suffi à l’ANC pour mesurer le niveau de désamour qu’il suscite. Entre les différents scandales, l’électorat noir de la ville, et dans une certaine mesure de la nation arc-en-ciel, ne s’identifie plus aussi facilement au parti de Nelson Mandela. Cela, au point de choisir une maire issue de l’Alliance démocratique (DA), résultat de la fusion de trois partis traditionnellement représentatifs des communautés blanches du pays.

Historiquement considéré comme le parti de la classe moyenne blanche, DA a attiré quelques groupes issus de la communauté noire, mais jusqu’à très récemment, il y avait trop « de faux pas », de scandales racistes pour les garder longtemps. Quelque chose qui pourrait changer avec Mpho Phalatse.  

La mauvaise gouvernance : un des motifs de son engagement au sein d’un parti « blanc »

Née à Tshwane, le 7 novembre 1977 de deux parents enseignants, Mpho Phalatse a affronté les tribulations communes à la majorité noire et pauvre du pays. Mais, très tôt, la jeune fille fait siennes les ambitions de sa grand-mère, avec qui elle passe une grande partie de son enfance, et de ses parents qui souhaitent une meilleure vie pour leur fille. Etudiante opiniâtre, elle obtient son baccalauréat en 1994, puis entre à l’université de Witwatersrand pour étudier l’ingénierie chimique en 1995. Cependant, après une longue réflexion elle souhaite rejoindre une carrière où elle se sentirait plus utile aux gens. C’est ainsi qu’elle se retrouve en cours de médecine, à l’université Sefako Makgatho.

En 2005, elle décroche son diplôme de médecin et commence un stage à l’hôpital Tembisa, dans la province du Gauteng. Elle offre ensuite ses services dans plusieurs cliniques de la région, tout en suivant des cours de gestion de projet. Elle finit par obtenir un diplôme de troisième cycle en gestion de projet et un diplôme de médecine. En parallèle avec sa carrière de médecin, elle explore des modèles de prestation de services dans différents contextes et crée une entreprise, offrant des services de conseil en matière de handicap.

Son attirance pour la politique se manifeste lorsque les conditions de vie de la communauté accueillant la clinique Alex, située dans le township éponyme, où elle est en service, se dégradent, notamment à cause de la mauvaise gouvernance. Elle adhère alors à l’Alliance démocratique, dans le but de contribuer à la restauration du Township. Finalement, son engagement lui permet d’être élue pour représenter son parti au sein de la commission municipale.

Egalement conseillère de la DA à Johannesburg pour la santé et le développement social, elle participe à l’extension des heures de service dans les cliniques et élabore une stratégie multidimensionnelle de prévention et de traitement de la toxicomanie. Très respectée au sein de la DA, elle n’hésite pas à faire entendre ce qu’elle pense. Elle a notamment été brièvement suspendue, en 2018, pour avoir fait savoir au maire Herman Mashaba « qu’elle et la ville étaient amis d’Israël ». Une autre fois, elle n’a pas hésité à demander à son parti de présenter ses excuses lorsqu’il s’est retrouvé empêtré dans des scandales racistes. Sa franchise lui permet néanmoins de rallier à sa cause d’autres partis, sans lesquels elle n’aurait pas pu battre l’ANC. Sa tâche ne s’en annonce pas moins colossale.

Mpho Phalatse se retrouve à la tête d’une ville qui génère 15% du PIB du pays, selon les statistiques locales. Elle doit non seulement composer avec les partis l’ayant aidée à parvenir au fauteuil municipal, mais également faire face à la montée de la criminalité à Johannesburg, sous peine de se voir bientôt critiquer comme ses prédécesseurs. Pendant ce temps, l’ANC lèche ses plaies et se prépare pour les prochaines batailles qui s’annoncent rudes pour une formation politique qui semble de jour en jour davantage désavouée par les Sud-Africains.

Taslikh avec agence ecofin

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Les députés français adoptent la résolution condamnant le « génocide » des Ouïghours

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Selon Bfmtv, le texte a été voté à la quasi-unanimité: 169 voix contre une. Les députés appellent maintenant le gouvernement à condamner à son tour la situation dans laquelle se trouve cette population.

L’Assemblée nationale francaise a voté ce jeudi à 169 contre 1, la proposition de résolutions concernant la reconnaissance et la condamnation du « caractère génocidaire des violences politiques systématiques ainsi que des crimes contre l’humanité actuellement perpétrés par la République populaire de Chine à l’égard des Ouïghours ».

Le texte, sans portée contraignante, défendu à la tribune par le Premier secrétaire du PS Olivier Faure dans le cadre d’une journée réservée au groupe socialiste, a reçu le soutien des députés du parti présidentiel LREM et a été adopté à la quasi-unanimité.

Cette proposition « invite le gouvernement français » à, à son tour, adopter « les mesures nécessaires auprès de la communauté internationale et dans sa politique étrangère à l’égard de la République populaire de Chine » pour faire cesser cette situation.

Des « violences systématiques » et des « témoignages accablants »

Au nom du gouvernement, le ministre chargé du Commerce extérieur Franck Riester a évoqué des « violences systématiques » et des « témoignages accablants », mais fait valoir que la qualification formelle de génocide relevait d’instances internationales, pas du gouvernement. Il a assuré que le sort de cette communauté était « évoqué au plus haut niveau » lors des entretiens avec les officiels chinois, et rappelé qu’elle avait été évoquée la veille dans l’intervention du président Emmanuel Macron devant le Parlement européen.

Olivier Faure a dénoncé à la tribune « la machine implacable qui vise à l’éradication culturelle et biologique d’un peuple », et aussi fustigé les grandes entreprises et marques occidentales « qui continuent à utiliser le travail forcé » de cette communauté turcophone musulmane de la province chinoise du Xinjiang (nord-ouest).

Des organisations de défense des droits de l’Homme accusent la Chine d’avoir notamment enfermé plus d’un million de musulmans dans des camps de rééducation politique. Les Ouïghours sont particulièrement visés après une série d’attentats attribués à des islamistes et des séparatistes.

Toutefois, Pékin affirme que les camps sont en fait des centres de formation professionnelle destinés à les éloigner de la radicalisation.

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Ouïghours: vers une reconnaissance du « génocide » ?

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Pour la première fois en France, les députés sont appelés à prendre position sur le sort réservé aux Ouïghours. Ce jeudi 20 janvier, l’Assemblée nationale doit voter un projet de résolution condamnant les «crimes contre l’humanité» commis par la Chine contre ce peuple à majorité musulmane.

Porté par le groupe Socialistes et apparentés, le texte traite de «la reconnaissance et la condamnation du caractère génocidaire des violences systématiques et des crimes contre l’humanité […] perpétrés par la République populaire de Chine à l’égard des Ouïghours».

Interrogé par Libération, le rapporteur du texte et élu de la 4e circonscription de Gironde, Alain David, demande «au gouvernement français de prendre clairement position». «On ne peut pas laisser des peuples dans les camps et la souffrance. On parle de crimes contre l’humanité, de génocide tout de même».

Insistant sur l’urgence de la situation, ce projet de résolution vise à ce que les autorités françaises adoptent «les mesures nécessaires auprès de la communauté internationale et dans sa politique étrangère à l’égard de la République populaire de Chine pour faire cesser ces crimes». L’objectif est également de s’engager à «protéger les ressortissants ouïghours sur le sol français», en les préservant de «toute intimidation ou harcèlement de la part de» Pékin.

Pour Alain David, la difficulté principale réside dans le fait que «l’Elysée et le ministère des Affaires étrangères ne veulent pas froisser le partenaire chinois». Se disant «conscients de l’importance des échanges commerciaux entre la Chine et la France», les défenseurs du texte plaident néanmoins pour un «partenariat […] en toute transparence», sans être «naïfs».

En 2017, Emmanuel Macron n’avait pas hésité à qualifier les violences infligées aux Rohingyas, en Birmanie, de «génocide en cours». Mais concernant les Ouïghours, l’exécutif se montre plus prudent. Devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, en février 2021, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait tout de même évoqué des «pratiques injustifiables à l’encontre des Ouïghours», victimes «d’un système de surveillance et de répression institutionnalisé à grande échelle». Sans toutefois s’engager davantage.

Les crimes perpétrés en Chine contre cette minorité musulmane sont pourtant documentés depuis des années par des ONG. A Londres, un «Tribunal ouïghour» a même été créé en 2020. Cette initiative citoyenne avait vu le jour à la demande de Dolkun Isa, le président du Congrès mondial ouïghour, qui avait pour cela sollicité Sir Geoffrey Nice, expert des droits humains. Ce dernier s’est entouré de spécialistes, de chercheurs, de responsables d’ONG et de juristes pour mener sa mission à bien.

En décembre dernier, après avoir écouté des centaines de témoignages et examiné des preuves apportées par des experts indépendants et des associations, les membres de ce tribunal d’opinion ont conclu que «les éléments d’un génocide intentionnel» tels que définis par la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de l’ONU étaient «établis».

Stérilisations et avortements forcés

Pour preuve, ils citent les ablations de l’utérus, les avortements et la pose de stérilets imposés par l’Etat chinois aux femmes issues de cette minorité musulmane. Autant de «mesures de prévention des naissances destinées à détruire une partie importante des Ouïghours du Xinjiang».

Décrit comme une «farce politique» par Pékin, le «Tribunal Ouïghour» a également rendu la Chine responsable de «crimes contre l’humanité», «au-delà de tout doute raisonnable». Il dénonce des «emprisonnements, actes de torture, viols, violences sexuelles, stérilisations forcées et autres actes inhumains». Sans oublier que, selon des organisations de défense des droits humains, au moins un million de Ouïghours et membres d’autres minorités turcophones sont incarcérés dans des camps. La Chine est accusée d’y imposer le travail forcé.

Les parlements britannique, néerlandais et canadien, de même que le gouvernement américain, ont déjà pris position à ce sujet, dénonçant d’une même voix les «crimes contre l’humanité» et le «génocide» perpétrés contre le peuple Ouïghour. La Belgique, l’Allemagne, la Lituanie et la Nouvelle-Zélande ont engagé des démarches similaires et le débat a même été porté au niveau du Parlement européen.

Aujourd’hui, les porteurs de cette résolution souhaitent que la France fasse sa part. La députée LREM Elisabeth Toutut-Picard a d’ores et déjà indiqué que son groupe voterait ce texte, tout comme Aurélien Taché, pour le groupe Ecologie Démocratie Solidarité. Les débats à ce sujet ne sont pas terminés puisqu’une deuxième résolution, appelant elle aussi à la reconnaissance du génocide des Ouïghours, doit être examinée le 4 février prochain, jour d’ouverture des JO d’hiver de Pékin…

CNews

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IBK s’est éteint à l’âge de 76 ans dans sa résidence de Bamako

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Saluant un homme de « paix et de dialogue« , de « culture » aussi, chefs d’Etats africains et occidentaux ont présenté leurs condoléances au peuple malien et à la famille de celui que l’on surnommait IBK.

Son décès était sur toutes les lèvres, ce lundi, dans les rues de la capitale malienne, chacun évoquant l’homme à sa manière. Certains étaient encore sous le choc, d’autres se voulaient plus fatalistes, quand d’autres encore opéraient une remise en question.

« Sa mort me choque énormément, parce que c’est notre président. Nous l’avons combattu, mais c’était un homme de paix, de parole. Il a gouverné le Mali et que son âme repose en paix« , réagit un habitant de Bamako.

« On ne peut que prier Dieu pour qu’il repose en paix. Il a fait ce qu’il pouvait faire pour le pays, même s’il n’a pas fini son mandat. Quand même, il a fait ce qu’il pouvait faire« , dit un autre.

« Vu la manière dont il s’est donné pour ce pays et tout l’effort qu’il a fourni… Malgré tout ça, on n’a pas été reconnaissant envers lui quand même. Moi, personnellement, j’aurais aimé le rencontrer pour lui présenter nos sincères excuses vis-à-vis de nos comportements« , reconnaît un homme.

Ibrahim Boubacar Keïta est mort un an et demi après avoir été renversé par les militaires et remplacé par le colonel Assimi Goïta, ancien chef d’un bataillon de forces spéciales et chef de la junte qui défie aujourd’hui une partie de la communauté internationale.

L’ancien président malien avait été chassé du pouvoir après des mois de mobilisation au sein d’une population exaspérée par les violences en tous genres – djihadistes, communautaires ou crapuleuses, par la faillite des services de l’Etat et par une corruption réputée galopante. Les détracteurs du défunt président mettent d’ailleurs en exergue « la corruption » au Mali pendant ses années de pouvoir.

source: africanews

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