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Finance

Eco-franc CFA : et si le pétrole était un obstacle à l’intégration ?

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[Tribune] En analysant la seule question monétaire, le colloque organisé à la fin de mai à l’université de Lomé risque d’omettre un aspect clé du développement en Afrique de l’Ouest, selon le spécialiste des questions énergétiques Edgard Gnansounou.

L’économiste Kako Nubukpo, nouveau commissaire de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (Uemoa), invite à Lomé du 26 au 28 mai 2021 d’éminentes personnalités de la société civile africaine pour se pencher sur le berceau de la monnaie unique.

Le thème choisi (Quelle monnaie pour quel développement en Afrique de l’Ouest ?) laisse à penser que le développement de cette sous-région sera au centre de ce colloque. Malheureusement, certains facteurs pourraient restreindre cette heureuse initiative à des débats désincarnés sur la question du franc CFA et de l’eco.

LA SOUS-RÉGION SUBIT DES CYCLES ÉCONOMIQUES INVERSÉS ENTRE LE NIGERIA ET SES VOISINS FRANCOPHONES

Les anglophones absents

D’une part, les personnalités anglophones ne sont pas annoncées. Or, le Nigeria, première puissance africaine, constitue la pierre angulaire du développement économique de la sous-région.

Un autre piège consisterait à placer la question monétaire au cœur des débats sans la soumettre au mode de développement économique que la sous-région s’est choisi.

Enfin, l’ambiguïté entre le projet de monnaie unique de la Cedeao et la transformation du franc CFA en eco n’est pas levée par les organisateurs. Pourtant, le but affiché est de proposer, au terme du colloque, une nouvelle feuille de route aux chefs d’État de la Cedeao. On peut craindre qu’une telle ambition ne permette guère de sortir des sentiers battus. Que de feuilles de route sont tombées en désuétude…

Sortir de l’inégalité des termes de l’échange

L’Afrique de l’Ouest a besoin de s’industrialiser pour sortir de la vulnérabilité et doit, pour ce faire – à l’instar de la plupart des régions du monde – d’abord compter sur son marché intérieur. Or, si les échanges intracommunautaires progressent, ils restent très largement en deçà des attentes.

LES EFFORTS DE DIVERSIFICATION DU NIGERIA COMMENCENT À PORTER LEURS FRUITS

De nombreuses frictions commerciales persistent malgré l’existence d’un traité de libre circulation des personnes et des biens, et d’un tarif extérieur commun qui auraient dû fluidifier et dynamiser les transactions commerciales entre les pays membres de la Cedeao.

Le développement de la sous-région subit des cycles économiques inversés entre le Nigeria, qui dépend de manière prépondérante des exportations de pétrole, et les autres pays membres de la Cedeao, importateurs nets de produits pétroliers. Les efforts de diversification de la première économie africaine commencent cependant à porter leurs fruits.

Ainsi, le Nigeria a montré une bonne résilience à la double crise liée au Covid-19 et à la baisse drastique des cours du pétrole. Le pays a beau avoir connu une récession économique (baisse du PIB de -4,3 % en 2020), il en est rapidement sorti : sa croissance est attendue à + 1,7 % en 2021.

L’AFRIQUE DE L’OUEST DOIT CHOISIR SA PROPRE VOIE POUR VIABILISER SON ESPACE ÉCONOMIQUE ET GÉOPOLITIQUE

En revanche, le Bénin, importateur net de produits pétroliers malgré une baisse de -4,6 points de croissance a connu une hausse de son PIB de +2,3 % en 2020 ; le Ghana et la Côte d’Ivoire ont également échappé à la récession économique.

Une double nécessité

Contrairement à une idée répandue, l’intégration économique de la sous-région, si elle doit résulter d’une volonté politique plus ferme que celle montrée à ce jour doit aussi tenir compte d’une double nécessité. Celle de l’industrialisation et celle des efforts en cours au Nigeria et dans les nouveaux pays producteurs de pétrole pour diversifier leurs économies.

Il y a donc une impérieuse nécessité à d’abord trouver la bonne séquence de l’intégration puis à adapter, en conséquence, les étapes d’unification monétaire.

Pour y parvenir, l’Uemoa doit impérativement se libérer de la tutelle de la France car ce contexte parasite toute réflexion stratégique sur l’ensemble de la zone Cedeao.

L’Afrique de l’Ouest doit choisir sa propre voie pour viabiliser son espace économique et géopolitique. Elle doit mettre un terme à la politique des petits bras et au mimétisme stérile. Elle est condamnée à innover en matière de stratégie politique et économique.

source : jeuneafrique.com

CIMA

Allianz Africa: Delphine Traoré nommée CEO Régional

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Une percée spectaculaire a été notée le 20 octobre 2021, à Nairobi, dans le secteur des assurances. Pour cause, Delphine Traoré, originaire du Burkina Faso, membre du Comité Exécutif d’Allianz Africa et Directrice Régionale des Opérations, succèdera à Coenraad Vrolijk en tant que CEO Régional d’Allianz Africa, en plus de ses responsabilités actuelles. Elle ajoute ainsi une autre corde à son arc.

Coenraad poursuivra d’autres opportunités en dehors du groupe Allianz. Des changements qui entreront en vigueur le 1er novembre 2021.

Rappel : Delphine a rejoint le Groupe Allianz en 2005 chez Allianz Global Corporate & Specialty (AGCS) Canada. Elle a occupé les postes de Souscripteur Responsabilité Civile et de Responsable de la gestion des marchés avant de devenir CEO d’AGCS Africa en 2012. Delphine a rejoint Allianz Africa en tant que Directrice des Opérations en 2017 et est restée Membre Non Exécutif du Comité Exécutif d’AGCS Africa.

En 2015, Coenraad a rejoint le Comité Exécutif d’Allianz SE en tant que Conseiller Senior, il est ensuite devenu CEO Régional d’Allianz Africa en 2017. Au cours de son mandat, il a mené l’expansion d’Allianz au Maroc, au Nigéria et récemment en Afrique de l’Est, en plus de renforcer l’ancrage régional du groupe.

En Afrique, Allianz est présent dans 12 pays et accompagne ses clients dans 49 marchés. Ses 1.167 employés ont réalisé un chiffre d’affaires de 371 millions d’euros en 2020, toutes entités confondues. Allianz est le fournisseur de micro-assurance pour 1,7 million de familles et individus à faible revenus en Afrique.

Avec Financialafrik

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Finance

Le Cameroun à la tête de Standard Chartered Côte d’Ivoire

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Expert-comptable agréé dans l’Etat du Michigan, aux Etats-Unis, le Camerounais John Ngu Mokom a récemment pris les commandes de la direction générale de la filiale ivoirienne du groupe bancaire britannique Standard Chartered Bank. Aussitôt arrivé, ce dernier a été aux avant-postes dans la signature d’une convention de crédit d’un montant de 159 millions d’euros, soit environ 104 milliards de FCFA, avec l’Etat de Côte d’Ivoire, pour la rénovation des maternités de 62 hôpitaux à travers le pays.

Entré à la Standard en 2018, où il a notamment été Chief  Financial Officer au sein de la filiale camerounaise, John Ngu Mokom, qui contribue ainsi à faire rayonner l’expertise camerounaise dans le monde de la finance, rejoint ainsi à la tête d’une filiale du groupe bancaire britannique son compatriote Mathieu Mandeng. Cet autre banquier camerounais dirige Standard Chartered Bank Mauritius depuis 2015, et a été désigné banquier de l’année 2019 dans ce pays.

Le nouveau promu, qui est propulsé à la tête de la première banque 100% digitale de l’espace Uemoa (Union économique et monétaire ouest-africaine), connaît bien le secteur bancaire avec lequel il a flirté dès l’année 2007, en travaillant pour la Société commerciale de banque Cameroun (SCB Cameroun), qui est entrée dans le giron du groupe marocain Attijariwafa en avril 2011.    

Mais, avant son arrivée dans le secteur bancaire, John Ngu Mokom, titulaire d’un Bachelor degree in english private law de l’Université de Yaoundé, a travaillé chez General Motors aux USA et au Canada. Bien avant de retourner dans son pays, où il a servi chez Ernst & Young et Cotco (Cameroon Oil Transportation Company), le gérant du pipeline Tchad-Cameroun.

Avec Investir au Cameroun

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Finance

Le Burkina Faso s’attaque aux commissions des banques

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Le Burkina Faso, un des 14 pays membres de la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurance (CIMA),  a décidé de plafonner à 5% au lieu de 15%, les commissions servies par les assureurs vie aux banques. Cette décision interdit de verser des commissions aux gestionnaires de comptes, c’est à dire, au personnel des banques.

Ces taux de commissionnement supérieurs aux taux réglementaires

Pour rappel, le Burkina Faso avait adopté un arrêté en avril 2002 (2001/121/MFDB/SG/DGTCP/DA) fixant des taux planchers et plafonds de commissionnement en fonction des différentes branches.
Dans un rappel à l’ordre du 8 octobre dernier, le ministère de l’Economie et des Finances déplore que pour la branche vie en général, et plus spécifiquement sur le produit décès-emprunteur, les taux de commissionnement appliqués sont souvent largement supérieurs au taux plafonds y afférent. «De nos enquêtes réalisées auprès des banques, il ressort qu’en plus des commissions payées aux banques pour l’intermédiation, d’autres types de commissions seraient servies aux conseillers clientèle. Cette double rémunération rend les taux de commissionnement servis supérieurs aux taux réglementaires».
Ces pratiques, lit-on dans la note ministérielle adressée aux directeurs des compagnies d’assurance, sont «contraires aux prescriptions règlementaires et pourraient être de nature à discréditer et induire des effets néfastes sur ce segment du marché en particulier et de façon générale sur l’ensemble du secteur des assurances Vie dans notre pays ».

Missions de contrôles inopinées prévues

En tout état de cause, rappelle le ministère burkinabé de l’Economie et des Finances, des missions de contrôles inopinées seront diligentées à l’effet de s’assurer de l’effectivité de l’application dudit arrêté notamment en ces dispositions relatives aux taux de commissionnement de la branche vie. Les éventuels contrevenants procéderont au remboursement des commissions indûment versées et seront sanctionnés conformément aux dispositions de l’articie312 du code des assurances. Avec ce rappel à l’ordre, le Burkina Faso ouvre un débat qui fera florès dans l’espace CIMA.

Avec financialafrik

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