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Finance

La microfinance de demain selon Jacques Attali

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C’est par ces propos que J. Attali commence son article : « L’avenir de l’Afrique réside en partie dans sa capacité à rendre son secteur économique et financier plus inclusif. La microfinance contribue aujourd’hui de manière directe au développement du secteur financier intermédiaire africain, lui-même corrélé positivement à la croissance économique (Beck et al, 2000) »

Elle servira des clients jeunes, de plus en plus éduqués et exigeants

Le profil des clients de la microfinance va fortement évoluer dans les prochaines décennies : jeunes, maîtrisant parfaitement les nouvelles technologies, de plus en plus éduqués, vivant dans les zones urbaines et avec des attentes plus définies. D’après la Banque africaine de développement (BAD), près de 40 % de la population africaine aura entre dix ans et vingt-neuf ans en 2030, et le taux d’alphabétisation aura atteint 80 %. 50 % de la population africaine vivra dans les villes et les flux migratoires, en majorité intracontinentaux, se seront amplifiés (BAD, 2011).

D’après une étude de la Standard Bank, basée sur un échantillon de onze pays africains, la classe moyenne, qui représente aujourd’hui 34 % de la population, devrait même tripler entre 2014 et 2030 en Afrique (Freemantel, 2014). Si ces données laissent espérer qu’une majorité de personnes en Afrique auront accès à un nombre plus grand de services de microfinance, offerts à des prix compétitifs, par des institutions de large portée, un second type de clients se profile aussi à l’horizon 2030 : ceux totalement exclus de ce système, ceux vivant dans les zones rurales isolées, peu éduqués, parfois moins jeunes. L’inclusion financière pour ces clients sera rendue encore plus compliquée du fait du processus d’urbanisation, des économies d’échelle rendues plus difficiles et d’une offre de services encore plus coûteuse dans les régions rurales.

Elle valorisera des partenariats innovants pour étendre l’inclusion financière et couvrir les besoins

Les services financiers inclusifs pourraient être utilisés de manière plus innovante pour résoudre des problèmes systémiques socioéconomiques. Des partenariats innovants devraient se multiplier à l’image de l’expérience en cours, coordonnée par PlaNet Finance, dans le nord de Madagascar où une entreprise multinationale Symrise est à l’origine de la création d’une mutuelle de santé pour ses fournisseurs cultivateurs de vanille. La micro assurance santé pourrait ainsi se développer dans les régions agricoles africaines en devenant un volet clé de la stratégie de sourcing responsable de grandes entreprises et en s’appuyant sur des mécanismes de financement publics-privés.

La microfinance pourrait devenir un élément déterminant du financement de chaînes de valeur comme l’illustrent des expériences pilotes prometteuses.

Ainsi, au Ghana et en Côte d’Ivoire, plus de 10 000 producteurs de cacao ont bénéficié de crédit d’intrants, représentant environ 2,5 M€ de prêts octroyés dans le cadre du programme Cocoa Livelihoods Program (2009-2013). Le taux de remboursement des crédits en Côte d’Ivoire a été de 100 % et au Ghana de 96 %. Du fait de ces investissements couplés à des services non financiers, la productivité des cacaoculteurs bénéficiant des différentes interventions du programme a augmenté en moyenne de 15 % à 40 %.

Au nord du Ghana, l’entreprise sociale Starshea a été créée pour améliorer l’accès au marché de 15 000 productrices de noix et de beurre de karité avec l’appui de PlaNet Finance, de l’Union européenne et de l’entreprise SAP. Deux IMF partenaires offrent des crédits à 3 000 de ces femmes avec un taux de remboursement de 93 % et Starshea a mis en place un système complémentaire de warrantage. Ces mécanismes ont permis une amélioration significative de la productivité et des revenus des femmes.

Elle verra les opérateurs s’adapter de manière constante dans des environnements de plus en plus concurrentiels et offrir une plus large gamme de produits à leurs clients

La meilleure connaissance des besoins des populations à faibles revenus et un secteur de la microfinance plus concurrentiel incitent déjà les opérateurs à innover. Ces derniers devraient continuer à étendre leur gamme de produits pour répondre aux besoins de leurs clients et diversifier leur clientèle.

Les donateurs internationaux devraient continuer à les soutenir s’ils sont en mesure de proposer des services à plus forte valeur ajoutée et avec un potentiel de diffusion à grande échelle. Les priorités porteront notamment sur :

  • le développement de la (micro)finance agricole et rurale permettant de toucher les 63 %Voir les données de la Banque mondiale sur l’agriculture et le développement rural : http://donnees.banquemondiale.org/theme/agriculture-et-developpement-rural. de la population d’Afrique subsaharienne vivant dans les zones rurales et dépendant majoritairement de l’agriculture. À titre d’exemple, Equity Bank au Kenya finance les coopératives agricoles et offre un crédit « Kilimo Biashara », conçu pour rendre le financement accessible à 2,5 millions d’agriculteurs et 15 000 entreprises agricoles de ventes au détail (IFC, 2012) ;
  • le financement de l’accès au logement dont ont besoin 200 millions de personnes à bas revenus en Afrique subsaharienne (UN-Habitat). Depuis 2012, la Fondation MasterCard appuie, par exemple, Habitat pour l’humanité et des IMF partenaires pour financer l’accès au logement de 17 000 foyers au Ghana, en Ouganda et au Kenya.

Les nouveaux visages de la microfinance devront aussi développer des solutions innovantes pour financer l’accès à la santé, à l’éducation et à l’énergie.

Elle devra prévenir des risques systémiques croissants

Les pays d’Afrique ne sont pas à l’abri d’une crise comme celle connue par l’Inde. Le rôle des banques centrales et des autorités de régulation est primordial pour créer un environnement à la fois favorable au développement de l’inclusion financière, mais aussi protecteur des clients. Cela nécessitera le renforcement des infrastructures meso (centrales de risques, centres de formation professionnelle, etc.). Cette tendance est déjà amorcée : diagnostics sectoriels, revue des cadres réglementaires, cartographies de risques, analyse des besoins de formation professionnelle sont actuellement, à titre d’exemple, des axes d’intervention forts pour PlaNet Finance en Afrique.

Engager la responsabilité de tous les acteurs à promouvoir la transparence et l’éducation financière des clients influence aussi positivement la stabilité systémique. Dans cette direction, les pouvoirs publics peuvent aussi jouer un rôle fondamental concernant l’éducation des consommateurs, avec des stratégies d’éducation financière ciblées. Notamment, l’organisme de réglementation sud-africain a imposé au National Treasury Financial Services Board de concevoir et mettre en œuvre une stratégie d’éducation financière ciblant les consommateurs de la microassurance.

Elle utilisera mieux les nouvelles technologies pour l’inclusion financière des zones rurales et la réduction des coûts de transaction au bénéfice des plus pauvres

Il y a un réel enjeu pour les opérateurs de la microfinance à placer les nouvelles technologies au cœur de leur stratégie et leurs opérations. Aujourd’hui, ils sont dans la majorité prestataires des opérateurs de téléphonie. En s’appropriant plus les outils mobile money et en développant le mobile banking, les opérateurs vont pouvoir réduire leurs coûts de transaction, notamment dans les zones rurales, et renforcer l’inclusion financière. À titre d’exemple, PlaNet Finance et l’Agence française de développement (AFD) ont récemment appuyé le gouvernement du Burkina Faso dans l’identification de la meilleure stratégie pour promouvoir le développement du mobile banking dans le pays.

D’autres technologies devraient permettre d’innover dans le design et l’octroi de services et de renforcer l’impact de l’inclusion financière :

  • les appareils de géolocalisation, les drones et les instruments météorologiques de mesure vont améliorer de façon radicale la conception de produits de microassurance, par exemple ;
  • l’utilisation de la biométrie ou des programmes de reconnaissance vocale vont étendre l’accès à la microfinance de personnes encore exclues et faciliter la mise en place de réseaux d’agents en prévenant la fraude ;
  • le développement de systèmes d’information en nuage cloud-based banking programs va permettre aux opérateurs de réduire leurs dépenses opérationnelles et de mieux comprendre le profil et les besoins de leurs clients en ayant accès à des systèmes d’analyse plus sophistiqués (Barnett, 2011).

Extrait de l’article intitulé: Les nouveaux visages de la microfinance en Afrique, in aef.asso.fr

Entreprises

Africa50 dope Poa Internet avec une injection de 28 millions de dollars

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En 2020, Africa50: un financier d’infrastructures soutenu par le groupe de la Banque africaine de développement (BAD) et un bon nombre de gouvernements africains, a organisé une compétition d’innovation, qui recherchait des solutions abordables et fiables pour la connectivité Internet à travers le continent.

Ainsi, une proposition de Poa Internet, une startup kényane, a battu 673 autres du monde entier. Ce qui lui a permis d’être ajoutée au pipeline d’investissement d’Africa50 en plus de remporter un prix en espèces.

Un peu plus d’un an après la victoire, le fournisseur de services Internet (FAI) a reçu 28 millions de dollars dans le cadre d’un cycle de financement de série C dirigé par Africa50, portant le montant total qu’il a levé à ce jour à 36 millions de dollars.

Novastar Ventures, l’un des premiers bailleurs de fonds de la société, a également participé à la dernière ronde.

Poa prévoit d’utiliser ce nouveau financement pour étendre sa portée, d’abord à travers le Kenya, puis progressivement vers d’autres pays du continent.

« Nous nous concentrons sur le Kenya pour le moment, mais le problème que nous résolvons est à l’échelle du continent. Et pour nous, il ne s’agit pas seulement d’offrir aux gens une certaine connectivité. Notre objectif est d’amener un grand nombre de personnes en ligne et de leur offrir une expérience Internet significative, comme la possibilité de diffuser des vidéos, sans se soucier de la quantité de données qu’elles consomment », a déclaré Andy Halsall, co-fondateur et PDG de Poa Internet, à TechCrunch.

Poa
Team

Poa Internet dessert actuellement plus de 12 000 clients (foyers et petites entreprises) dans les quartiers à revenu faible et intermédiaire de Nairobi, et des dizaines de milliers d’autres grâce à ses connexions Wi-Fi de rue.

La startup a déployé son réseau de fibre dans des quartiers qui ne sont généralement pas les premiers marchés cibles pour ses concurrents comme Safaricom Home du plus grand opérateur de télécommunications d’Afrique de l’Est Safaricom, Faiba de Jamii Telecommunication Limited et Zuku.

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Entreprises

Programme national de création de PME : NSIA Banque CI apporte son soutien

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NSIA Banque Cote d’Ivoire, a participé le Jeudi 13 janvier 2022,   à la cérémonie de lancement du programme « Amorçage PME »,  à l’auditorium de la Primature, en présence de Mr KOBENAN Kouassi ADJOUMANI, Ministre d’Etat, Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural, représentant le Premier Ministre, Chef du gouvernement, Mr Patrick ACHI.

Initié par l’Institut Ivoirien de l’Entreprise (INIE), le programme « Amorçage PME », issu du projet CLONIX, vise à doter chaque région du pays d’un vivier de PME opérant dans les filières de premières nécessités telles que l’agriculture et l’élevage, afin réduire la dépendance de la Côte d’Ivoire à l’importation de denrées concernées et favoriser la création d’emplois locaux.

NSIA Banque CI, qui est résolument engagée dans le développement de l’économie locale, notamment par le financement des PME, s’engage à soutenir le programme avec une ligne de crédit de 4,5 milliards FCFA, a indiqué Mr Alexandre NDRI, Directeur Central de l’Exploitation, représentant Monsieur Léonce YACE, Directeur Général de NSIA Banque CI.

Source: abidjan.net

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Finance

Investissement : arnaque dans une pyramide de Ponzi de 11,6 millions de dollars sur cinq ans

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Tara M. Brunst, une conseillère américaine de 47 ans, sera jugée le 5 mai prochain par un tribunal fédéral du district Nord de l’Ohio pour son rôle dans une pyramide de Ponzi de 11,6 millions de dollars (M$) sur cinq ans qui a fait une cinquantaine de victimes aux États-Unis.

Selon Financial Planning, l’accusée a plaidé coupable la semaine dernière pour des accusations de conspiration en vue de commettre une fraude postale et de trois chefs d’accusation de fraude électronique.

L’arnaque s’est déroulée de janvier 2013 à janvier 2018, alors que la conseillère travaillait avec les deux autres coaccusés chez Sageguard Wealth Management, à Westlake.

Selon les enquêteurs de la Securities and Exchange Commission (SEC), Tara M. Brunst attirait les victimes en leur promettant des investissements qu’elle présentait faussement comme sans risque et avec un taux de rendement garanti.

En réalité, les fonds des investisseurs étaient détournés vers des comptes bancaires et des entreprises contrôlées par les accusés. Selon le principe de la chaîne de Ponzi, les fonds déposés par les nouveaux clients servaient à verser les rendements promis aux précédents investisseurs.

Les complices avaient ouvert des bureaux dans les états du Delaware et du Nevada pour développer leur activité frauduleuse. Ils avaient également embauché des centres d’appels pour répondre aux clients, et avaient créé de faux sites Web ainsi que de faux relevés de compte pour tromper les investisseurs.

L’enquête a démontré qu’avant de rejoindre Sageguard en 2015, Tara Brunst avait été licenciée d’une autre firme d’investissement pour avoir falsifié une lettre à la demande d’un client, et avoir menti aux enquêteurs.

Les deux autres co accusés, Raymond A. Erker and Kevin Krantz, ont plaidé non coupables aux accusations portées contre eux et devraient être jugés début mars.

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